Dans le Lot, une entreprise a mis au point un paintball pour chasser les chenilles processionnaires

Spécialisée dans les solutions de biocontrôle, la société lotoise M2i envoie, grâce à un pistolet de paintball, des billes remplies de phéromones au sommet des arbres pour troubler la reproduction des chenilles.

Paintball
Grâce à un pistolet de paintball, des billes remplies de phéromones sont projetées au sommet des arbres pour troubler la reproduction des chenilles. 

C’est une innovation unique au monde qui a fait l’objet de plusieurs dépôts de brevet. La société M2i, qui possède un site de production à Parnac (Lot), commercialise un traitement original contre les chenilles processionnaires du pin, appliqué par le biais d’un paintball. Dans ce pistolet à air comprimé identique à celui utilisé en loisirs, des billes de phéromones sont projetées jusqu’à la cime des immenses pins afin de désorienter le mâle et éviter ainsi la reproduction.

Un traitement qui réduit la population de chenilles de 70 à 80%

« Cette technologie a été mise sur le marché à titre dérogatoire pour les professionnels depuis 2017 et nous avons obtenu son homologation définitive en mars, détaille Yohann Fournil, directeur communication et partenariats de M2i. La chenille processionnaire du pin est présente sur tout le territoire et, au-delà de l’effet urticant, cela entraîne des retards de croissance sur les arbres, soit un manque à gagner pour les sylviculteurs. L’idée est de troubler la sexualité des chenilles avec nos billes, composées d’une émulsion de cire et d’eau qui emprisonne les phéromones. Elles s’éclatent sur les branches, libèrent les phéromones et disparaissent grâce à une coque biodégradable. »

Le traitement par paintball est appliqué au printemps pour éviter la reproduction des papillons adultes l’été. Selon l’entreprise, il est efficace trois mois et réduit la population de chenilles de 70 à 80%.

L’usine de Parnac, qui compte une trentaine de salariés, envisage déjà l’embauche d’une dizaine de personnes d’ici à 2024 pour faire face à la demande d’un marché qui enregistre 20 à 25% de croissance par an. Dans le Grand Sud-Ouest, la société lotoise travaille déjà avec des villes comme Toulouse, Montauban, Narbonne, Pau et Mérignac.

[Via Le Parisien]

Auteur de l’article : AEI